Hommage à Renée Fénéron (1964–2026)


Parcours scientifique

Renée Fénéron a marqué la myrmécologie par ses travaux sur l’éthogenèse, la reconnaissance interindividuelle et les interactions sociales chez les fourmis, notamment chez Ectatomma tuberculatum. Elle a soutenu sa thèse sous la direction de Pierre Jaisson sur :
« Ethogenèse et reconnaissance interindividuelle. Influence de l’expérience précoce chez une fourmi ponérine (Ectatomma tuberculatum Olivier) ».

Elle a également étudié le parasitisme social chez Ectatomma parasiticum (Savarit & Fénéron, 2014), contribuant à une meilleure compréhension des mécanismes de reconnaissance chimique et des dynamiques coloniales chez les fourmis.


Engagement académique

Renée a encadré plusieurs thèses, dont celle de Matilde Sauvaget (2017) :
« Les relations jeunes-adultes chez les fourmis : sollicitations alimentaires des larves de l’espèce Ectatomma tuberculatum » (co-direction avec Dominique Fresneau).


Une scientifique et une personne inspirante

Renée était passionnée, rigoureuse et engagée. Ses travaux ont éclairé des aspects fondamentaux du comportement social chez les insectes, tout en inspirant ses collègues et étudiant·e·s par son approche humaniste et son esprit collaboratif.


Témoignages

  • Ewa Godzinska (28 mai 2026) :
    « Tu sais, j’ai l’impression que Christine et Renée sont maintenant souvent près de moi… Je sens qu’elles sont libres, contentes… jeunes… Peut-être sont-ce juste les échos des souvenirs, mais qui sait ?… » « Merci pour ton amitié désintéressée. C’est rare ❤️❤️❤️ » (dernier message reçu le 10 mai 2026).
  • Abdallah Dahbi (28 mai 2026) :
    « Malheureusement, les nouvelles ne sont pas toujours bonnes. Avec la disparition de Christine puis de Renée en un laps de temps très court, c’est un double coup dur pour l’ancienne et l’actuelle grande famille du LEEC. […] Elles furent véritablement de « belles personnes », avec tout ce que l’expression comporte en significations. »
  • Pierre Jaisson (30 mai 2026) :
    « J’étais touché d’apprendre le décès de Christine, pour laquelle j’avais beaucoup d’amitié et d’admiration, puis dans la même semaine celui de Renée Fénéron, qui étaient très proches et toutes deux mes élèves. »

Publications marquantes

Parmi ses 26 publications, voici quelques-unes de ses contributions majeures :

  • Fénéron, R., Jaisson, P. (1990). Étude de la reconnaissance coloniale des cocons selon l’activité de l’ouvrière chez la fourmi Ectatomma tuberculatum*. Actes Coll. Insect. Soc. 6: 267-272.
  • Savarit, F., Fénéron, R. (2014). Imperfect chemical mimicry explains the imperfect social integration of the inquiline ant Ectatomma parasiticum*. Myrmecological News 20: 7-14.
  • Sauvaget, M., Guérineau, C., Zimmer, C., Savarit, F., Fénéron, R. (2025). Morphology, but not morphometry, identifies instars in Ectatomma tuberculatum*. Myrmecological News 35: 99-109.
  • Hora, R.R., Blatrix, R., Fresneau, D., Fénéron, R. (2009). Social interactions between an inquiline ant, Ectatomma parasiticum, and its host, Ectatomma tuberculatum*. Journal of Ethology 27: 285-288.

Photos souvenirs

Au LEEC en 2014

Congrès à Tours en 1999 (à droite)

À Villetaneuse en août 1989 (devant)


Renée Fénéron restera dans nos mémoires comme une scientifique brillante, une pédagogue passionnée et une personne d’une grande humanité. Nos pensées accompagnent sa famille, ses proches et ses collègues.

Alain Lenoir

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